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Journal Africain d'Hépato-Gastroentérologie

1954-3204
A cessé de paraître en 2018
 

 ARTICLE VOL 11/3 - 2017  - pp.105-105  - doi:10.1007/s12157-017-0744-2
TITRE
Éditorial : Un étrange iceberg de la connaissance médicale : le microbiote intestinal

RÉSUMÉ

Nos consultations de pathologie digestive ont vu défiler les colopathies fonctionnelles ou organiques que chacun avec ses procédures et sa bonne foi a explorées et traitées.

La dyskinésie digestive, la colopathie spasmodique ont concerné une masse considérable de patients étiquetés stressés, neurodystoniques, surmenés, anxieux. Les diarrhées de stress étaient bien connues. Les suspicions de perturbation de la flore intestinale ou « dysbiose » étaient traitées par certains praticiens grâce à de fortes doses de Saccharomyces boulardii ou de bifidobactéries. L’évocation de la responsabilité de bactéries dans la survenue des maladies inflammatoires de l’intestin était fréquente dans les milieux de la recherche clinique, mais la question restait sans réponse.

Le milieu de la recherche biomédicale et agronomique a permis l’émergence du concept moderne de flore intestinale : le « microbiote intestinal ». Cette énorme cohorte de microorganismes intestinaux spécifique à chaque individu est venue sur le devant de la scène médicale mais aussi médiatique.

L’intestin a fait la tête des gondoles des librairies, mais quels sont vraiment les ouvertures et les changements pour nous praticiens, qui avions déjà été chahutés il y a plus de deux décennies par la découverte du rôle d’Helicobacter pylori dans les pathologies digestives hautes.

Le vaste monde des milliards de microorganismes qui vivent dans l’intestin de l’homme est variable selon le mode de vie de l’individu, son mode de naissance, son lieu de vie, son histoire pathologique et thérapeutique éventuelle.

Ce microbiote protège l’individu en modifiant la barrière intestinale pour lutter contre les germes pathogènes. Il permet l’apprentissage de la distinction entre la commensalité et le pathologique.

Ce microbiote participe grandement à la digestion par la production d’enzymes intervenant par exemple sur la cellulose, par la régulation de l’absorption du calcium, du fer et du magnésium, mais aussi des acides gras, par la modulation de la fermentation.

Ce microbiote interagit sur le système nerveux par l’intermédiaire des plexus mésentériques.

Le contact avec le système nerveux central est bidirectionnel : afférent vers le cerveau par la sécrétion de neurotransmetteurs et de métabolites spécifiques, efférent par le nerf vague qui peut stimuler la sécrétion de la sérotonine par l’intestin, régulant ainsi le comportement vis-à-vis du monde extérieur. Le bouleversement du microbiote peut donc avoir des conséquences sur le message transmis au système nerveux central. Certains ont donc affublé l’intestin du nom de « deuxième cerveau ».

Le champ de la recherche médicale s’est donc ouvert sur ce territoire immense où l’intervention de cette légion bactérienne pourrait avoir une action sur les pathologies neurodégénératives, mais surtout sur les maladies neuropsychiques allant de la schizophrénie à la dépression, en passant par la bipolarité. Le rôle de la dysbiose intestinale semble pouvoir être évoqué dans les maladies métaboliques, mais aussi dans les maladies inflammatoires chroniques et bien sûr dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Certaines maladies pouvant probablement être déclenchées par le starter génétique de certains germes. Qu’en est-il du rôle des parasites en particulier dans les pays en voie de développement ?

Ces découvertes vont avoir des conséquences thérapeutiques et donner un regain d’intérêt aux probiotiques et aux prébiotiques jusqu’à présent empiriquement utilisés. La transplantation fécale balbutiante a de beaux jours devant elle. Les gastroentérologues et les nutritionnistes ont de quoi alimenter leurs recherches cliniques et microbiologiques. L’iceberg n’a montré que sa partie émergée !

La gastroentérologie est plus que jamais une grande composante de la médecine interne !



AUTEUR(S)
F. KLOTZ

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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