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Journal Africain d'Hépato-Gastroentérologie

1954-3204
 

 ARTICLE VOL 11/1 - 2017  - pp.1-2  - doi:10.1007/s12157-017-0716-6
TITRE
Éditorial : Un drame africain : à quand la fin du carcinome hépatocellulaire ?

RÉSUMÉ

Le carcinome hépatocellulaire est un véritable drame en Afrique. Premier motif d’hospitalisation dans le service d’hépatogastroentérologie du centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (Ouagadougou, Burkina Faso), le carcinome hépatocellulaire constitue une préoccupation majeure en pratique quotidienne (50 à 70 % des malades hospitalisés). Avec une moyenne d’âge de 45 ans (les sujets de moins de 20 ans ne sont pas épargnés), un diagnostic tardif et une issue fatale en général en moins de trois mois. Le même constat est fait au Sénégal, au Mali, en Côte-d’Ivoire, au Bénin et dans le reste des pays d’Afrique subsaharienne. Une étude récente multicentrique sur le carcinome hépatocellulaire en Afrique rapporte que le virus de l’hépatite B est en cause chez 597 sur 1 082 patients (55 %), et un traitement spécifique du cancer du foie n’a été possible que chez 3 % des patients [1].

Le virus de l’hépatite B est la première cause de carcinome hépatocellulaire dans le monde, mais la plupart des cas surviennent en Afrique (70 à 80 % des patients atteints de cancer du foie sont porteurs du virus de l’hépatite B ou de ses marqueurs). Complication d’une infection silencieuse, la filiation cirrhose–cancer du foie est bien établie. La survenue d’une infection à la naissance ou dans la petite enfance, avec pour conséquence une longue durée d’infection, et une réplication virale abondante en raison de l’immunotolérance sont une particularité africaine. Le cancer du foie survient à un jeune âge en raison de l’oncogénicité viro-induite, cela en l’absence de cirrhose. Ce drame africain vécu par de nombreux médecins et brisant chaque jour des familles est-il pour autant une fatalité ?

Clairement, la réponse est non. Si l’éradication virale au niveau du foie est impossible avec les thérapies actuelles, la meilleure stratégie de prise en charge de l’hépatite virale B est la prévention. Depuis 1981, il existe un vaccin sûr et efficace contre le virus de l’hépatite B. Faut-il rappeler à nouveau que le vaccin contre le virus de l’hépatite B est le premier vaccin anticancéreux ? En 1991, l’Organisation mondiale de la santé a recommandé la vaccination universelle de l’enfant dans les pays à forte endémicité. Cela n’a été une réalité que dix ans plus tard en Afrique subsaharienne où les prévalences sont élevées. Plusieurs rencontres internationales (déclarations de Rabat [2008] et de Maurice [2009], consensus de Dakar [2013]) regroupant des experts nationaux, internationaux et des acteurs de la lutte contre les hépatites en Afrique ont toutes recommandé la vaccination contre l’hépatite B le plus tôt possible (moins de 24 heures) après la naissance. Le délai de deux mois entre la naissance et la vaccination, en vigueur dans les pays d’Afrique subsaharienne, ne permet pas d’éviter la transmission périnatale du virus de l’hépatite B. Force est de constater que seul le Sénégal a décidé, depuis février 2016, de la mise en œuvre de la vaccination contre l’hépatite virale B à la naissance [2]. Peu de pays d’Afrique subsaharienne disposent de plan de lutte contre les hépatites virales et manquent de financements suffisants pour une mise en œuvre réellement efficace des plans. Pour le prochain sommet mondial sur les hépatites (novembre 2017, Brésil), recommandation est faite à tous les pays africains participants d’y venir avec un plan stratégique de lutte contre les hépatites virales.

Perspectives positives, lors de la 69e Assemblée mondiale de la santé à Genève en mai 2016, les 194 États membres de l’Organisation mondiale de la santé ont adopté une stratégie mondiale visant l’élimination des hépatites virales d’ici 2030 en tant que grave menace pour la santé publique. L’Organisation mondiale de la santé souligne que la vaccination à la naissance contre l’hépatite B est une intervention essentielle pour prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant à la naissance, qui pourrait être améliorée par un test de dépistage prénatal et l’administration de médicaments antiviraux. La protection de la prochaine génération dépend de la mise en œuvre de ce programme vaccinal, afin d’obtenir le recul de l’endémie virale B et la diminution de l’incidence du cancer du foie [3]. L’impact de la vaccination sur l’incidence du cancer primitif du foie a été bien documenté à Taïwan, où le nombre de cas a été divisé par deux sur les 30 dernières années [2].

La cause principale du cancer primitif est évitable, la meilleure stratégie demeure la mise en œuvre d’un plan rigoureux de vaccination des nouveau-nés. Les enfants, les adolescents et les adultes n’ayant pas été vaccinés doivent recevoir le vaccin complet, cela après un dépistage préalable. Il est alors urgent que des plans stratégiques efficients de lutte contre les hépatites virales soient mis en œuvre en Afrique subsaharienne.



AUTEUR(S)
R. SOMBIÉ

BIBLIOGRAPHIE
jahg.revuesonline.com/revues/54/10.1007/s12157-017-0716-6.html

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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